Wanneer het consumentenparadijs verandert in een arbeidershel

Interview met Denis Pennel, een van de meest invloedrijke specialisten op het gebied van human resources

“Een nieuwe generatie van van freelancers groeit. Talent en de Gig-economie, online platforms in overvloed. De vormen van werk worden steeds diverser om tegemoet te komen aan de behoefte aan flexibiliteit van het bedrijfsleven.” Denis Pennel is wereldwijd een van de meest invloedrijke specialisten op het gebied van human resources.

In een interview met NextConomy deelt hij zijn visie op de samenleving na covid-19. Een samenleving die genoodzaakt is de nieuwe vormen van werk beter te beschermen en de organisatie van werk aan te passen. (Interview in het Frans)

Auteur d’un nouvel ouvrage intitulé « Le paradis des consommateurs est devenu l’enfer des travailleurs », Denis Pennel , directeur général de la World Employment Confederation, revient sur les transformations et les dérives propres à notre société digitale. Alors que le 20ème siècle est caractérisé par une économie de masse dans laquelle le producteur impose ses produits, la tendance se renverse complètement au début des années 2000. L’ère de la digitalisation a vu naitre un bouleversement de notre modèle de production et par extension, de la relation au travail.

Le consommateur fait sa loi

« Aujourd’hui, la population n’a jamais été aussi bien éduquée et formée. Notre époque a donné naissance à une dictature menée par le consommateur roi. Notre modèle économique change et par ricochet, on assiste au développement d’un travail à la demande. Une nouvelle population d’indépendants grandit. La Talent et la Gig economy, les plateformes en ligne abondent » explique l’auteur. Les formes d’emplois se diversifient pour répondre au besoin d’agilité des entreprises.

Vers un essor du travail indépendant

Aujourd’hui, les individus expriment d’autres attentes par rapport au travail, ils sont en quête de sens et de liberté. Il en va de même pour les entreprises. Ces dernières, face à une frénésie consommatrice, se retrouvent en proie à une difficulté nouvelle :  l’impossibilité de prévoir les besoins des consommateurs. En réponse à cette complexité, les entreprises doivent s’adapter, faire preuve de souplesse et de résilience mais aussi en appeler à une main-d’œuvre davantage flexible. C’est à ce stade que l’indépendant déploie toute sa dimension et acquiert une valeur particulière. Il répond à cette demande d’agilité et entraine avec lui une (r)évolution des mentalités.

 L’évolution de la protection sociale va aller dans le sens d’un meilleur soutien pour la communauté des indépendants, avec l’émergence d’un socle de droits et de lois sociales.

Un nouveau contrat social en perspective

Pour ces nouveaux statuts indépendants qui se créent, Denis Pennel se veut encourageant « Aujourd’hui, il est devenu plus facile de trouver un client qu’un employeur. En tant qu’indépendant, l’essentiel est de bien définir son offre, de savoir quel type de service mettre en avant et de ne pas céder sur ses prix. Il faut être vigilant sur la valorisation de ses prestations. Je pense que l’évolution de la protection sociale va aller dans le sens d’un meilleur soutien pour la communauté des indépendants, avec l’émergence d’un socle de droits et de lois sociales. ». L’importance d’établir un nouveau contrat social se dessine en ce sens : le travailleur doit être protégé socialement et se mettre ainsi à l’abri de l’exploitation des compétences, de la marchandisation du travail.

L’émergence d’un télétravail hybride

Bien que déjà amorcée ces dernières années, l’évolution de notre rapport au travail a été fortement accélérée par la crise sanitaire. Du côté de l’entreprise mais aussi du travailleur, l’état d’esprit n’est plus le même. Avec la digitalisation de la société en général, la montée en puissance du travail à distance, l’existence d’équipes éclatées et de statuts différents, la jauge de productivité s’est déplacée. Il ne s’agit plus de juger la qualité du travail sur base du présentéisme mais bien d’en référer aux résultats et à la relation de confiance entre travailleur et employeur. Le salariat selon le modèle fordiste (basé sur une relation de subordination) ne pourra plus perdurer. S’il n’évolue pas, Dennis Pennel considère que « sa part dans la population active va diminuer, se résorber. ». Le télétravail quant à lui, va quitter sa forme actuelle. « Je pense que l’avenir sera à du travail hybride, un travail éclaté entre plusieurs endroits. Je crois à l’essor des tiers lieux : des espaces de co-working tels que les cafés, les halls ou salles de réunions des hôtels… ».

Depuis 2008, en France, on assiste à un appétit renouvelé pour l’entrepreneuriat et pour la promotion de l’esprit d’initiative.

La crise comme accélérateur de conscience

« Depuis 2008, en France, on assiste à un appétit renouvelé pour l’entrepreneuriat et pour la promotion de l’esprit d’initiative. » indique l’expert en ressources humaines. Si la crise a renforcé la créativité et les initiatives au travail, elle a également été un accélérateur de conscience. Pris dans un tourbillon d’achats pas toujours responsables, nous avons été propulsés, en un laps de temps réduit, dans un état de manque plus essentiel. Au fond, depuis mars dernier, ce ne sont ni les magasins fermés ni les marchandises non accessibles qui ont le plus atteint notre bien-être. Au contraire, l’immatériel, l’accès à la culture, les liens sociaux… sont apparus comme des indispensables à notre bonheur. La pandémie a généralisé cette tendance : le retour à l’essentiel.

Quand la responsabilisation du citoyen fait l’arbitrage de nos intérêts divergents

Pendant que notre nouveau modèle capitaliste prend de l’ampleur, la crise met en lumière ses limites.  Né de l’alliance entre actionnaires et consommateurs, notre capitalisme est la parfaite d’une demande toujours plus grande et d’une faim insatiable du tout, tout de suite, à moindre coût. Tout cela au détriment du travailleur. Celui-ci, au centre d’un pacte nouveau et victime de nos exigences consuméristes, peut-il espérer sortir des flammes de l’Enfer ? Positif, Denis Pennel réconcilie consommateur et travailleur en apportant ses solutions : « Je prône une consommation plus responsable, le moins mais mieux. Notre capitalisme doit se réformer. N’étant pas partisan d’une économie de la décroissance dans laquelle on impose des restrictions à la consommation, je pense que l’élan, l’équilibre entre les intérêts divergents doit venir des individus. Les citoyens s’organisent déjà, ils multiplient les actions et les initiatives. Il faut que ces groupes qui éveillent les consciences prolifèrent dans le bon sens du terme. »

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