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Visa pour nomades digitaux, un sésame pas si magique ?

Digital. Nomad. Deux mots qui en font rêver plus d’un. Aujourd’hui, avec un ordinateur et une bonne connexion… à nous la liberté ! Travailler dans un bar tendance, sur une plage paradisiaque, ou depuis une piste de ski : le travail n’a plus de frontières. Mais l’administration, oui. Focus sur les visas pour nomades digitaux.

Un vide juridique à combler

De plus en plus nombreux, les travailleurs qui peuvent emportent leur travail partout avec eux s’installent principalement, selon ETIAS (portail dédié aux questions relatives aux exigences pour entrer dans l’Union européenne) dans les pays offrant :

  • un coût de la vie faible
  • une bonne connectivité
  • une certaine qualité de vie (climat agréable, nature, mer, selon les envies de chacun)

Ces pays, en tête desquels on retrouve l’Espagne, la République tchèque et la Géorgie, ont saisi le potentiel de croissance économique que ces télétravailleurs apportent avec eux, et tentent donc de s’adapter pour les attirer, notamment en effaçant le flou juridique qui règne autour de leur statut.  « Les visas pour nomades digitaux permettent de combler un vide juridique pour lestélétravailleurs qui souhaitent passer de courtes ou de longues périodes à travailler à l’étranger de manière indépendante. », précise ETIAS.

En effet, les nomades digitaux ne peuvent pas demander de visa de travail, car cela nécessite souvent d’avoir un contrat avec une entreprise locale. Ce qui n’est en général pas le cas de ces talents, qui partent travailler sous d’autres tropiques en étant sous contrat avec une (ou plusieurs) entreprise de leur pays de provenance. Ils peuvent éventuellement se contenter d’un visa touristique, à condition que leur envie de dépaysement n’excède pas la durée prévue par celui-ci, généralement 3 mois.

Alors, s’ils souhaitent rester plus longtemps, comment faire ? C’est ici que le visa pour nomade digital intervient.

Le visa pour nomade digital en détail

Chaque pays fixe ses propres règles concernant ces visas. Délivrés généralement pour une durée d’un an ou plus, ils peuvent être obtenus en ligne ou nécessiter de s’adresser à une ambassade ou un consulat.

Dans la plupart des cas les demandeurs doivent :

  • prouver qu’ils travaillent à distance,
  • apporter la preuve de ressources financières suffisantes pour couvrir leur séjour,
  • être éligible à l’octroi du visa. Cette éligibilité dépend de plusieurs facteurs, parmi lesquels la nationalité du demandeur et le fait qu’il ne soit pas considéré comme une menace pour la sécurité ou la situation sanitaire du pays de destination.

Bien entendu, ces visas ne sont pas nécessaires pour les travailleurs qui se déplacent au sein de l’Espace économique européen.

L’Espagne entre dans la course

L’Espagne est en train de mettre en place des visas pour nomades digitaux qui travaillent à distance pour des entreprises situées hors d’Espagne et qui tirent au maximum 20 % de leurs revenus d’entreprises espagnoles. Ce visa, valable pour un an et renouvelable jusqu’à 5 ans, offre des allégements fiscaux et la possibilité de faire venir conjoint et enfants.

L’Espagne rejoint ainsi une quinzaine de pays européens proposant déjà ce type de visa1, mais aussi des pays d’autres continents, afin de se rendre encore plus attrayante, elle qui offre déjà une des vitesses de connexion les plus rapides d’Europe, une excellente couverture 4G, mais aussi un coût de la vie faible et une météo clémente.

Attention aux effets pervers…

Toutefois, si elle y voit l’opportunité d’être moins dépendante du tourisme et de se développer d’un point de vue économique, un effet pervers est déjà pointé du doigt par The Guardian : « Les nomades font grimper les loyers, car les personnes travaillant à distance pour des entreprises américaines ou britanniques ont des salaires beaucoup plus élevés et peuvent payer des loyers plus élevés que les locaux. Selon un rapport publié cette année, en Espagne, le salaire mensuel moyen est de 1 751 €, soit 20 % de moins que la moyenne européenne de 2 194 €. »

Et l’on peut imaginer que c’est sans doute également le cas pour d’autres pays européens qui tentent d’attirer ces télétravailleurs aisés en leur octroyant ce type de visa, tels que la Grèce, le Portugal, la Roumanie, et bien d’autres.

Un précieux sésame pour les nomades digitaux, mais à garder à l’œil !

1Liste complète : Grèce, Portugal, Croatie, Estonie, République tchèque, Roumanie, Malte, Géorgie, Norvège, Islande, Italie, Allemagne, Hongrie, Espagne, Monténégro

Continuez sur votre lancée :

Catherine Degryse
Mordue de langue française, Catherine aime écrire et jouer avec les mots. L’entreprenariat, l'épanouissement au et par le travail, les carrières atypiques sont autant de sujets qui la passionnent et qu’elle se plaît à décortiquer et raconter ! Catherine houdt van het geschreven woord. Ondernemerschap, voldoening halen uit je werk en atypische carrières zijn onderwerpen waar ze met veel passie over vertelt en schrijft. Voir tous les articles de #Catherine Degryse