En quoi proUnity est-elle la société TIC à la croissance la plus rapide de Belgique ? Numérisation, talent pool important… la human touch en plus

Evolution du paysage VMS, fusions et acquisitions, COVID-19, retombées du prix Deloitte 2020 Fastest Growth Award et projets pour l’avenir… David Muyldermans, CEO de proUnity, nous parle aussi de pénurie de candidats, d’efficacité des coûts et de l’importance de la human touch !

NextConomy : L’année dernière proUnity a remporté le prix Deloitte Technology Fast 50 Award. Vous avez pu ainsi bénéficier d’une grande visibilité. Quel en a été l’impact sur l’entreprise ?

David Muyldermans : Cette récompense revêt plusieurs facettes. Dans des circonstances ordinaires, tout le monde se serait réuni en un seul endroit, face à une scène et au sein d’un réseautage classique. Les répercussions auraient alors été beaucoup plus importantes sur le plan commercial. La COVID-19 est venue un peu tout chambouler. Nous verrons comment les choses se dérouleront cette année, car nous y participons à nouveau. Je m’attends à ce que les résultats soient de nouveau excellents.

En contrepartie, nous avons certainement gagné en crédibilité sur le marché, auprès de tous les intervenants et aussi de nos clients, qui sont fiers de ce résultat.

Ce prix a suscité envers proUnity un vent d’enthousiasme extraordinaire : des nouveaux freelances et des sociétés de services qui arrivent sur la plateforme et des entreprises qui souhaitent travailler avec nous, aussi. En ce qui concerne les offres, être l’organisation qui connaît la croissance la plus rapide de Belgique constitue un atout de taille. Mais, vous devez tout de même toujours présenter un dossier très solide accompagné des bonnes réponses et d’un prix compétitif. Vous devez vous battre pour y arriver. Vraiment.

Autre fait marquant : un certain nombre d’investisseurs potentiels sont venus frapper à notre porte, ainsi que des fonds d’investissement et des acteurs du secteur industriel qui étudient les fusions et acquisitions.

La dynamique de la croissance la plus forte est donc positive, mais vous devez aussi vous montrer à la hauteur et faire en sorte que l’intérêt de départ soit converti en une collaboration durable.

Être l’organisation qui connaît la croissance la plus rapide de Belgique constitue un atout de taille.
Vous devez tout de même toujours présenter un dossier très solide accompagné des bonnes réponses et d’un prix compétitif. Vous devez vous battre pour y arriver. Vraiment.

NextConomy : Cette situation place aussi le marché du VMS sous les feux de la rampe. Vous êtes bien sûr en concurrence avec de nombreuses autres sociétés technologiques. Constatez-vous une augmentation de la notoriété et de la visibilité de l’offre en VMS ?

David Muyldermans : Absolument. Nous avons gagné en crédibilité et en légitimité. Avons-nous trouvé beaucoup plus de leads ? La réponse est nuancée, du fait de la présence du coronavirus. L’année dernière, de plus en plus d’entreprises se sont tournées vers proUnity. Il est toutefois malaisé de dire si c’est grâce au prix Deloitte ou à cause de la crise sanitaire.

NextConomy : L’industrie du VMS existe depuis vingt ans. Elle représente un grand nombre de protagonistes de réputation internationale, mais aussi de plus en plus de sociétés de proximité, dont proUnity. Vous vous épanouissez également à l’international. Vous existez depuis cinq ou six ans maintenant. Remporter le Technology Fast 50 en affichant une croissance record de 82 677,34 % indique que vous avez vraiment une approche différente de celle des autres intervenants en matière de VMS. Qu’est-ce qui vous rend différent et où innovez-vous au maximum ?

David Muyldermans : La personnalité juridique a été créée en 2015 et nous avons démarré notre premier projet majeur en 2017.

La différence est de trois ordres. Premièrement, notre produit répond très bien aux besoins du marché. Nous avons commencé par développer une première mouture, un Master Vendor Program (MVP), en fonction des besoins du marché. Après des dizaines de discussions avec de grandes organisations, nous avons conclu qu’il était impératif de créer un nouveau MVP. Nous avons, en toute modestie, réuni une équipe incroyable, et nous avons réussi à concrétiser ces besoins en une solution technique concrète et fiable dans un délai très court. Je pense que la situation est vraiment unique.

Ensuite, la diversité de notre marché est ce qui nous distingue. Nous l’avons mis au point très vite et avec brio. L’expression « war for talent » ne nous convient pas, car nous ne sommes pas en guerre. Pourtant, il existe vraiment une grave pénurie de candidats. Tout le monde parle des freelances aujourd’hui. Je reconnais volontiers que les freelances représentent un marché en pleine expansion. Mais, disons, qu’en comparaison des quelques 250 000 indépendants, il y a quatre ou cinq fois plus d’experts engagés par les prestataires de services. Cette manne vaut son pesant d’or.

Je reconnais volontiers que les freelances représentent un marché en pleine expansion. Mais, disons, qu’en comparaison des quelques 250 000 indépendants, il y a quatre ou cinq fois plus d’experts engagés par les prestataires de services. Cette manne vaut son pesant d’or.

Comment lutter contre la pénurie des candidats ? En créant une rampe d’accès menant à la communauté des freelances. Pas mal… Mais, vous ne pourrez voir qu’une partie du panorama. Ou bien, beaucoup plus efficace : une multitude d’itinéraires et de ressources, qui vous permettent de vous y frayer un chemin à la vitesse de l’éclair, en ayant un lien direct avec les prestataires de services et les freelances. Vous obtenez alors un contact immédiat avec tous les candidats disponibles. Nous y sommes parvenus plutôt bien.

Troisième volet : notre attention portée au client, notre human touch. Nous écoutons les clients, les accompagnons et les guidons dans la bonne direction. Donner les bons conseils… une chose que notre équipe fait particulièrement bien, c’est ancré dans nos gènes.

Le numérique vaut le coup, mais un accès direct aux candidats, c’est encore mieux.
Et c’est par le suivi par lequel vous proposez des solutions sur mesure que vous faites vraiment la différence. La conjonction de ces trois atouts constitue notre force. Le résultat ? Nous sommes aujourd’hui dans la situation que nous connaissons.

NextConomy : Cela signifie-t-il que vos clients contribuent aussi activement à la définition de la feuille de route de vos produits ?

David Muyldermans : Il s’agit d’un véritable travail de fond en commun. Nous questionnons en permanence nos clients. Comment voient-ils l’avenir ? Comment aborderont-ils certains problèmes ? Nous tentons aussi de leur lancer un défi. Nous évaluons leur participation par rapport à celle d’autres clients et prospects. Un problème particulier est-il unique ou se pose-t-il également pour d’autres personnes ? Nous tenons compte de ces informations, nous en débattons en interne avec nos spécialistes et nous les rapprochons de la vision de la direction. Nous en dégageons ensuite le meilleur dénominateur commun pour déterminer la feuille de route de notre produit. Et nous transposons le tout dans une suite de petits projets que nous soumettons au marché. Nous adaptons ainsi nos services en permanence.

Notre stratégie de gestion des talents judicieuse, élaborée en analysant les attentes du marché se rattache à notre propre vision sur la manière de faire évoluer les choses. Nous avons agi de la sorte il y a cinq ans et nous continuons à le faire aujourd’hui. C’est notre force.

NextConomy : Vous êtes également actif en dehors de la Belgique. Comment approchez-vous les marchés étrangers ?

David Muyldermans : Nous sommes présents dans un certain nombre de pays, dont la France, la Pologne, la Tchéquie et bientôt probablement le Luxembourg. Le point de départ consiste toutefois en une centrale d’achat en Belgique. Si nous devions nous déployer à l’étranger demain, je pense que nous conserverions la même vision. Cette formule du lean startup est le seul bon moyen, à mon avis. Vous créez de petits ensembles et vous voyez comment le marché y réagit. Nos équipes commerciale et marketing… elles gravitent toutes autour du principe du lean startup. Autant rester vigilant et compétent.

Si nous devions nous déployer à l’étranger demain, je pense que nous conserverions la même vision. Cette formule du lean startup est le seul bon moyen, à mon avis. Vous créez de petits ensembles et vous voyez comment le marché y réagit.

NextConomy : Vous avez juste clarifié que vous démarrez toujours à partir de la Belgique, à partir d’un point central. Y a-t-il d’autres marchés où vous envisagez d’adopter un point de départ aussi central ? Je suppose que vous suivez vos clients dans une certaine mesure. Y a-t-il une tendance particulière dans ce domaine ?

David Muyldermans : ProUnity est bien implantée dans le secteur public. Nous proposons également une formule intéressante pour les grandes entreprises nationales qui emploient de 200 à 300 personnes et dont certaines possèdent également une filiale à l’étranger. Notre troisième segment concerne les entreprises de taille moyenne, comptant environ 35 à 100 collaborateurs externes, qui cherchent une solution à la pénurie de main-d’œuvre et à la numérisation. Nous nous montrons très performants dans ce domaine. Le marché nous le fait savoir aussi.

De plus, on assiste à une consolidation générale, qui se déroule à une vitesse remarquable. Un certain nombre d’exemples à l’étranger montrent comment les confrères et consœurs percent au niveau international après une augmentation de capital. Naturellement, cela nous fait réfléchir. De quelle façon faire croître proUnity, à l’échelle internationale ? En renforçant notre présence avec un autre partenaire industriel ? Si proUnity veut continuer à se développer dans un monde en pleine globalisation, c’est la meilleure façon d’avancer.

Notre modèle, qui combine un VMS et une place de marché MSP, est vraiment unique. Si vous souhaitez vous déployer dans d’autres pays, vous avez réellement besoin de beaucoup d’argent. Au lieu de chercher 30, 40, 50 millions, nous envisageons plutôt de trouver un interlocuteur de type industriel au rayonnement européen. Le principe 1+1 = 3 est, à notre avis, le meilleur choix pour proUnity et nos clients. Nous sommes de plus en plus souvent contactés par des tiers en dehors de la Belgique. Ils observent proUnity et sont convaincus par notre produit. Mais notre aventure avec eux s’arrête lorsqu’ils nous présentent leurs besoins très élaborés sur la France ou l’Allemagne, par exemple. Nous pouvons leur offrir une réponse adéquate en nous associant à un protagoniste européen.

Notre modèle, qui combine un VMS et une place de marché MSP, est vraiment unique.
Si vous souhaitez vous déployer dans d’autres pays, vous avez réellement besoin de beaucoup d’argent.

NextConomy : Je peux imaginer que la pandémie a également fait évoluer les besoins des clients. Les organisations ont dû réduire un grand nombre de ressources externes, puis les accroître à nouveau. Y a-t-il des tendances significatives ?

David Muyldermans : Avant la pandémie, la pénurie de main-d’œuvre était un problème majeur. Le coronavirus a permis de mettre l’accent sur l’efficacité des coûts et la numérisation. Les marchés ont donc été bloqués essentiellement dans les services d’accompagnement tels que les RH et le marketing. Par chance, nous opérons surtout dans le secteur des TIC. Autrement dit, nous avons évité un fléchissement, mais avons plutôt enregistré une progression.

Nous assistons à nouveau à une forte dynamique et la question de la pénurie de talents reste au centre des préoccupations. Le temps de réponse a été remarquablement rapide ; en peu de temps, nous avons multiplié par cinq le nombre de demandes par semaine. Cette progression était vraiment spectaculaire à suivre !

NextConomy : J’entends fréquemment des histoires d’entreprises qui n’étaient pas suffisamment préparées à faire face au coronavirus. Lorsque la pandémie a sévi et que les responsables RH ont dû procéder à des mailings, ils ou elles avaient sous contrôle leur personnel fixe, mais ont dû passer des jours, voire des semaines, à trouver des listes de collaborateurs externes. Cette situation vous semble-t-elle familière ?

David Muyldermans : Nous n’avons pas vécu nous-mêmes de telles aventures, mais nous avons dû accompagner de nombreux clients dans leur processus de communication. D’une simplicité absolue, pour nous. Toutes les données disponibles nous permettaient d’envoyer de tels mailings. Je peux bien envisager la situation pour des organisations qui ne sont pas bien préparées. À l’évidence, vous souhaitez une communication formelle homogène, dans le respect de votre politique interne et des directives des pouvoirs publics, qui varient fréquemment. Nous avons mené à bien cette opération pour de nombreux clients, ce qui n’a pas toujours été évident.

NextConomy : Dans quel sens ?

David Muyldermans : Vous devez contacter toutes les personnes : les échanges doivent être validés. Nous avons donc dû passer beaucoup d’appels téléphoniques pour vérifier que le personnel avait bien tout compris.

NextConomy : La technologie apporte une aide précieuse, mais des personnes sont également nécessaires pour faciliter les choses.

David Muyldermans : Absolument, tout le monde ne peut pas tout comprendre. Ce fut un véritable défi et nous avons gagné beaucoup en maturité. Nous avons aussitôt partagé la meilleure approche avec nos clients de façon proactive et leur avons demandé comment nous pouvions les aider. Nous bâtissons le projet ensemble : il s’agit d’une relation étroite avec le client. Un partenariat.

Nous avons beaucoup progressé, mais nous avons aussi gagné en crédibilité auprès de nos clients et leur avons facilité la vie.

NextConomy : Le monde industriel fait des pas de géants. Les outils de travail changent aussi. Selon vous, quelles sont les grandes innovations du marché ? Qu’est-ce que le client doit prendre en compte lors du choix d’un VMS sur le plan de l’innovation ?

David Muyldermans : Il est difficile de répondre à cette question en général. J’entends les gens dire que tout se résume au Total Talent Management (TTM). J’ai des doutes à ce sujet. En théorie, tout ceci est très bien. Et pour un certain segment, le TTM peut apporter des réponses.

Avec proUnity, nous voulons faire plus et mieux que ce que nous faisons à présent. Plus intelligent. Plus efficace. Plus convivial. Chercher le bon candidat en privilégiant le travailleur du savoir. Nous tenons à connaître encore mieux le marché. Trouver les bons candidats est plus facile si vous connaissez à fond les prestataires et les freelances. Nous pouvons aussi mieux promouvoir le produit. Nous voulons, par exemple, fournir aux clients et aux prestataires des données encore plus complètes. Je pense que de nombreux intervenants vont travailler là-dessus.

Nous considérons que nous nous dirigeons plutôt vers un monde API  où les meilleures réponses seront combinées à la solution adéquate. Le marché doit être plus efficace et évolutif, comme c’est le cas pour les grandes plateformes internationales.

NextConomy : Le SOW ou Statement of Work  fait désormais partie du portefeuille de produits de proUnity ?

David Muyldermans : Nous nous préparons à mettre en ligne notre suite complète SOW, après avoir remporté un important contrat. Désormais, tout le monde est mobilisé. Nous y travaillons assidûment. Les équipes pluridisciplinaires pourront ainsi collaborer, agrandir ou réduire l’échelle des projets.

NextConomy : Un besoin croissant se fait aussi sentir pour les industries légères et les cols bleus. Pensez-vous qu’il soit nécessaire de les intégrer dans votre VMS ?

David Muyldermans : Nous ne nous en mêlons pas. Comme dit le proverbe, « Chacun son métier et les vaches seront bien gardées. » Nous désirons faire plus et mieux. Nous sommes des experts dans le domaine des travailleurs du savoir. Nous traitons déjà aujourd’hui des demandes concernant les acheteurs, la finance, le droit, l’ingénierie, le marketing, la communication et les TIC, et ce domaine, précisément, est bien sûr très vaste. J’estime que nous offrons déjà beaucoup de valeur ajoutée sur ce marché et que nous avons encore pas mal de pain sur la planche.

NextConomy : Les débats autour des viviers de talents et la community building est également d’actualité. Votre avis à ce sujet ?

David Muyldermans : Nous tenons à développer un nouveau concept sur le marché. L’idée n’est pas de s’agrandir ou de s’adresser à un public plus large, mais d’optimiser nos services. Par exemple, nous réfléchissons à donner aux personnes intermédiaires la possibilité, via un modèle « push », de présenter des candidats aux clients qui signalent avoir besoin de certains profils pour des missions spécifiques. Nous voulons également ajouter un portfolio pour les candidats, en plus du CV ou des évaluations. La qualité, en somme. Tout le monde y trouve son compte, même nous.

NextConomy : Ce qui me conduit à la dernière question : quelle est votre vision concernant le Total talent Management ?

David Muyldermans : Dans un monde de globalisation qui bouge très vite, le développement d’une plateforme VMS qui puisse tout suivre est déjà un énorme défi. Nous tenons à rendre notre environnement plus convivial pour l’API. Et peut-être finirons-nous par offrir la possibilité aux agences de travail intérimaire de s’y inscrire. Qui sait, peut-être qu’à l’avenir un travailleur fixe trouvera un autre emploi en interne au sein même du marché. Mais un ATS ou un programme Total Talent Management… c’est une tout autre histoire. Nous cherchons avant tout à faciliter les processus, à apporter une valeur ajoutée concrète et à réaliser des économies.

Total Talent… ça sonne bien et c’est magnifique. Mais la solution n’est certainement pas aisée et elle ne répond pas toujours aux besoins d’une organisation. Tout le monde ne souhaite pas réunir tout sur une seule plateforme. Il arrive que différentes équipes au sein d’une organisation gèrent des processus de recrutement et de placement différents et qu’elles en soient très satisfaites. Mettre tous ses œufs dans le même panier peut paraître sensé, mais la réalité est bien plus complexe que la théorie. Voilà mon opinion sans détour !

Dennis is an independent business consultant who helps companies in search of the right strategy, partners and technology solutions to manage their contingent workforce.

His previous background as a corporate purchaser of IT & Contingent Workforce, brought him to the industry of Vendor Management Systems (VMS) & Managed Services Providers (MSP) more than 10 years ago. He held several successful European roles in Product Management, Solution Design, Account Management & Partner Management at one the leading international VMS providers.

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