Créatif, fun et… rock’n’roll : le bureau de demain selon Edouard Cambier

Open plan, hot desking, flex office… où vont les bureaux ? Edouard Cambier, Président de la BWA (Belgian Workspace Association) et cofondateur de Seed Factory, consacre un livre entier à cette réflexion. Précurseur belge du coworking, il brosse le portrait du bureau post-covid, un espace appelé à se réinventer.

Dans un contexte socio-économique difficile, Edouard Cambier décide de détourner le stress ambiant et de le transformer en projet collaboratif : le livre ‘Work’n Roll : où vont les bureaux ?’ voit le jour. “ Le covid est, clairement, le déclencheur du livre. Pendant le premier confinement, on a fait en sorte de garder un lien, de partager de façon positive. Je suis à l’initiative du livre mais je ne suis seul. Connaisseurs en tech, en design mais aussi experts en mobilité, en ressources humaines et en immobilier ont accompagné et nourri tout le processus d’écriture. “. Abordons cet ouvrage d’un peu plus près…

Les lieux sociaux : créateurs de talents

Depuis des années, Edouard Cambier propose des espaces de travail aux entrepreneurs qui souhaitent se mettre à leur compte et qui se sentent suffisamment musclés pour fonder leur propre société. “Chez Seed Factory, on donne la chance aux plus jeunes, c’est un lieu qui a pour mission de faire pousser les idées. Notre vision : accompagner une centaine de boîtes sur les 5 ans à venir. Nos valeurs : les 3T, talent, technologie et tolérance.” . Véritable incubateur de talents, le coworking répond aux attentes de la génération de demain : il favorise les échanges, tisse du lien et, cerise sur le gâteau, il génère du business. Selon notre serial entrepreneur, les futurs bureaux devront nécessairement remplir ces fonctions.

Le bureau de demain va connaître vos envies, la manière dont vous aimez travailler {…}. Physiquement, il y aura bien sûr toujours du béton mais le bâtiment sera de plus en plus intelligent, de plus en plus durable et ergonomique.

The best place to work

Avec l’essor du télétravail, le bureau dans sa forme traditionnelle tend à s’effacer. Les espaces de coworking ou ‘tiers-lieux’ se déploient, permettant aux remote workers de prendre l’air et de faire la séparation entre vie privée et professionnelle. Aujourd’hui, l’accent est mis sur la flexibilité du lieu de travail et sur sa capacité à intégrer l’humain, sous toutes ses dimensions. “Le bureau de demain va connaître vos envies, la manière dont vous aimez travailler (avec plus ou moins de lumière, un double écran, des temps de trajet raccourcis, une alimentation adaptée…). En fonction de vos critères, votre gsm va vous orienter vers le lieu de travail idéal. Physiquement, il y aura bien sûr toujours du béton mais le bâtiment sera de plus en plus intelligent, de plus en plus durable et ergonomique” souligne l’auteur.

Propriétaires, restez attentifs

“A présent, le locataire veut de la flexibilité, de l’hybridation, du confort… . Il veut, en quelque sorte, travailler dans un bureau comme dans un hôtel.” Contraint par la crise et ses bouleversements, le propriétaire va devoir repenser son bien pour le rendre plus attractif. Edouard Cambier met en évidence un Top 5 des essentiels à combiner : “ un bureau privatif (avec espace de coworking), une qualité de l’air optimale, de la lumière du jour, la traditionnelle machine à café et un safe space.”. Sécurisé et assaini, le bureau doit être aussi plus inclusif. Indépendamment de leur genre, de leur âge et de leur condition, les nouveaux talents doivent se sentir accueillis et accéder facilement à ces espaces sociaux.

Et les grandes villes dans tout ça ?

Selon Mr Coworking, l’exode urbain est une tendance éphémère. Demain, les villes vont rouvrir, permettant à chacun de respirer à nouveau, “les talents seront de retour dans le cœur des villes et les sociétés vont se réapproprier l’espace urbain”. Il s’inspire d’ailleurs de Carlo Ratti et du distinguo entre liens forts et faibles pour appuyer son propos.  « Les liens forts que sont notre famille et nos amis, nous mettent peu à l’épreuve, ils sont garants de notre bien-être. Par contre, les liens faibles, c’est-à-dire les simples connaissances, vont stimuler notre créativité et remettre en question nos préjugés. Les villes ont un avenir parce qu’elles sont remplies de ces liens faibles qui nous challengent dans toutes les langues et dans toutes les cultures ». Si les grandes cités ont connu leur solitude et leurs fantômes, elles s’imposeront à nouveau comme grands carrefours des chemins.

On doit réinventer l’espace de travail, mais aussi les ressources humaines et la mobilité. Si on parvient à repenser ces trois thématiques, on travaillera de façon plus apaisée.

L’incontournable changement

Edouard Cambier a cette qualité d’être profondément humain. Il s’attache à prendre le pouls d’une société en transition, d’une nouvelle génération de travailleurs en quête de sens et de liberté. “On doit réinventer l’espace de travail, mais aussi les ressources humaines et la mobilité. Si on parvient à repenser ces trois thématiques, on travaillera de façon plus apaisée. En co-créant Seed Factory, j’ai découvert une nouvelle méthode de travail, une nouvelle philosophie : être entouré par des gens talentueux et très tolérants. On a le droit de se planter et comme le rappelle Simon Sinek, auteur de livres et conférencier britannique, ‘When in doubt, be yourself’! “